Aurélien Delaeter du Badaboum

Aujourd’hui nous rencontrons Aurélien Delaeter, co-fondateur du Badaboum, jeune institution du milieu de la nuit qui a pris place en lieu de l’ancienne scène Bastille il y a tout juste 2 ans. L’occasion de revenir sur l’histoire d’une inventivité constante qui fût le fruit d’une jolie réussite. Le Badaboum soufflera sa deuxième bougie ce week-end et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.


 

Les débuts : de Meudon à la rue des Taillandiers

Originaire de Meudon, Aurélien est arrivé assez rapidement dans le milieu des établissements de nuit. Physio a ses débuts, il s’est ensuite essayé à d’autres métiers périphériques et a ainsi pu se faire une idée assez précise de l’organisation nécessaire pour inscrire un lieu dans l’air du temps mais surtout dans le temps. Après avoir fait ses armes en installant des concepts de soirées étudiantes, il prit part à l’aventure du Concorde Atlantic et du River’s King pendant « quelques belles années » en y développant l’activité commerciale.

Profitant de l’émergence du courant House Music dans les années 2000 et du retour aux fondamentaux électroniques au cœur des fêtes parisiennes, il développa et mit en place des soirées en parallèle de son activité. Accompagné de 2 amis, il décida de reprendre un bar, en s’inspirant de souvenirs de lieux qu’il fréquentait, mais en l’amenant dans un confort plus actuel. Le Panic Room voyait le jour.

« Avec Benoit et Aurélien, on a décidé d’acheter un bar électro à Paris. L’idée c’était de pouvoir écouter de la bonne musique, dans un univers un peu trash mais tout en proposant de bons cocktails. On en avait marre de boire de la bière chaude en écoutant de l’électro. C’était trop facile. »

La réussite du Panic Room a donné aux 3 associés l’envie de monter une affaire plus conséquente. Plus qu’un bar, ils souhaitaient un concept qui permettrait au public de s’approprier l’espace de différentes manières selon l’heure de la journée ou de la nuit. A l’image de certains hôtels New-Yorkais, l’idée était de proposer au sein d’un même établissement, des espaces de vie complémentaires, du bar à cocktail, au clubbing en passant par la salle de concert.
L’opportunité de racheter l’ancienne scène Bastille dans un quartier en pleine mutation permit aux 3 amis de mettre en place le projet qu’ils avaient en tête. Le fil rouge était déjà là. Le Badaboum pouvait enfin prendre vie.

Le Badaboum, un espace polymorphe


La secret Room


La partie clubbing a été ce qui a amené la clientèle dès les débuts du club. Il a fallu attendre un peu plus longtemps pour que le bar à cocktail et la salle de concert amènent eux aussi leurs clientèles d’habitués. Avec le renfort d’une directrice artistique dédiée aux concerts et des associations malignes montées avec des structures audacieuses comme Super! ou Because, l’horizon de départ s’est progressivement rapproché.

« Aujourd’hui c’est un pari gagnant au niveau du bar à cocktail. Avant il n’y avait personne et maintenant il a trouvé ses habitués et son rythme de croisière. » 

L’activité nocturne étant bien rôdée, l’équipe a donc décidé d’étendre les plages horaires du Badaboum. Un des deux projets : installer une cantine de quartier le midi en revisitant l’école des plats de notre enfance. Lorsque l’on demande à Aurélien qui sont les gens qui viennent lors de ce nouveau créneau, il nous répond que s’y côtoient des parisiens à la cool qui ont envie de déjeuner près de chez eux, ceux dont la vie n’est pas là le soir et les travailleurs du quartier qui viennent manger rapidement. Comme pour les habitués du soir, on y retrouve en somme un peu de chacun.


Le bar à cocktail / salle de restauration


Le deuxième aménagement se mit en place pendant les vacances d’été, lorsque les habitués désertent la capitale. Badaboum Airlines : une idée trouvée après un brainstorming autour du constat de base : on ne ferme pas cet été, donc on fait quoi ? Prendre le pari de faire venir des résidents de clubs étrangers en partant du principe que ce sont les résidents qui font l’image des clubs. En mettant en place une compagnie aérienne fictive, le club s’est transformé le temps du break estival en lieu de vie international, une sorte de babel de touristes initiés qui savent pourquoi ils viennent.

L’anniversaire : 2 ans de souvenirs en magasin


Salle de concert / clubbing

Cette notion de rassemblement, on le retrouve tout au long du discours d’Aurélien et quand on lui demande de nous citer quelques anecdotes mémorables sur le Badaboum. Dans les moments de grâce comme le tour de force en back to back un dimanche soir de Kôze et Matthew Dear, très grands Djs et rares sur la scène parisienne. Dans les moments de décadence emplis de cotillons et de lâché prise comme au premier anniversaire du lieu. Dans les moments de torniolle générale comme au concert de Bagarre. Dans les moments de « putain c’est un truc de ouf » au tout début avec Lescop, Mister Valer ou plus récemment avec Django Django.

Même dans les moments un peu plus compliqués à gérer, Aurélien reste positif et préfère garder cela comme des souvenirs amusants :

« Le moment le plus compliqué qu’on ait eu c’est toutes les toilettes bouchées, sauf une, avec la boite pleine à craquer. Le plus dur c’est pas de le vivre, c’est les 6h suivantes à gérer le bordel. Quelques semaines plus tard, j’en discute avec un pote… Et ça recommence de suite. Ca s’appelle la loi de l’emmerdement. Et quand on en parle, ça revient. »

Le Badaboum fêtera ses 2 ans en 2 rendez-vous. Le vendredi, preuve d’une belle amitié, Prins Thomas mixera pendant 4 heures non-stop. Il sera précédé de Masomenos, Nôze, Le Loupe et Sven Love après un Nova Mix Club. La transition sera assurée par Neet, DA du club. Le samedi, tous les résidents du club se relayeront pour un cadavre exquis musical lors d’une soirée déguisée ayant pour thème Les curiosités du docteur Badaboum, un cirque freak de la fin du 19ème avec la grande équipe du Bal Con et leurs performers à la scénographie, une mise en scène qu’Aurélien nous a promis grandiose.

« On garde l’univers fou où on joue avec des codes enfantins en les rendant sensuels. Des rêves d’enfants qu’on pervertit un peu en grandissant avec une forme de sensualité cachée, une grosse dose de non-dits. Si vous êtes cardiaque ou fatigué ne venez pas. » 

Le ton est donné…

Le Badaboum
2 bis rue des Taillandiers
http://www.badaboum.paris
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